Ballon intra-gastrique Pose Information

Si vous avez programmé prochainement la pose d'un ballon intra-gastrique,
veuillez lire attentivement les informations suivantes.

1. Définition

C’est une méthode d’amaigrissement. Un ballon de silicone dégonflé est introduit dans l’estomac sous contrôle par gastroscopie. Il est gonflé jusqu’à un volume de 500-700 ml, Il y reste en moyenne 6 mois puis en est retiré après avoir été vidé de son contenu par gastroscopie. Il agit à 3 niveaux :

  1. Il occupe une place importante dans l’estomac et réduit les capacités d’avaler des grandes quantités de nourriture : la sensation de satiété arrive plus rapidement.
  2. Il retarde la vidange de l’estomac : les aliments restent plus longtemps dans l’estomac et la faim se fait ressentir moins rapidement.
  3. Il régule l’appétit en modulant les hormones de la faim et de la satiété.

2. Indications du ballon intra-gastrique

Les indications du ballon intra-gastrique sont un IMC (indice de masse corporelle, calculé par la formule IMC = Poids en kilos/taille au carré en mètres) de 27,5 à 40 kg/m² après un échec de prises en charges préalables bien conduites (traitement médical, régimes, exercice physique, approche psychologique et comportementale).

En cas d’IMC > 40 kg/m² la pose d’un BIG ne sera pas suffisante mais elle peut préparer à la chirurgie de l’obésité, appelée chirurgie bariatrique, comme la gastrectomie en manchon (sleeve gastrectomy) ou le court-circuit gastrique (gastric bypass).

Les effets attendus sont une perte de 10 à 15 % du poids de départ. Ces résultats sont obtenus en moyenne dans 80% des cas. La sensibilité au BIG est variable d’une personne à l’autre et les % individuels de réussite ou d’échecs n’apparaissent pas dans les études scientifiques car seules les "moyennes de pertes de poids" sont mentionnées.

4 Grandes catégories de réactions inadéquates au ballon sont observées. Les personnes qui :

  • Ne le supportent pas: il doit être retiré précocement (±5%).
  • Le supportent mal: elles perdent trop de poids (±5%).
  • Le ressentent peu : elles perdent trop peu de poids (±5%).
  • Ne le ressentent pas: elles ne perdent pas de poids (±5%).

Ces variations interpersonnelles sont liées à des variations physiologiques non prévisibles :

  • Accommodation (capacité de l’estomac à se relaxer).
  • Sensibilité gastrique (hyper- ou hypo-sensibilité).
  • Vitesse de vidange gastrique (rapide ou lente).

L’accompagnement nutritionnel et psychologique pendant la pose et après la dépose est une condition de réussite : en l’absence de ce suivi, les kilos perdus sont repris dans ¾ des cas.

Critères de décision à la pose du ballon intra-gastrique

Voici des situations plutôt synonymes de résultat satisfaisant :

  1. Poids stable « dans la médiocrité » au moment de la pose.
  2. Alimentation relativement équilibrée au moment de la pose.
  3. Peu de régimes essayés avant la pose.
  4. Gros mangeurs.
  5. Graisse abdominale (obésité « pomme »).
  6. Excès pondéral suite à une « prise de poids qui s’explique » à un moment de la vie : arrêt du tabac, hypothyroïdie non diagnostiquée, prise d’hormones dans le cadre de la contraception ou de la ménopause, prise de médicaments qui font grossir (hormones ds le cadre d’un cancer du sein, antidépresseurs, changement de style de vie.
  7. Disponibilité à la perte de poids.
  8. Volonté à changer en profondeur les habitudes alimentaires.

Voici des situations plutôt synonymes de résultat insatisfaisant :

  1. Poids instable au moment de la pose, grandes fluctuations de poids.
  2. Alimentation très déséquilibrée au moment de la pose.
  3. Beaucoup de régimes essayés.
  4. Grignoteurs.
  5. Graisse fesses aux et cuisses (obésité « poire »).
  6. Troubles du comportement alimentaire : compulsions, faim émotionnelle (envie de manger sans avoir faim pour des raisons comme le stress, l’ennui, la fatigue).
  7. Blocage inconscient à la perte de poids.
  8. Peu de volonté à changer en profondeur les habitudes alimentaires.

3. Contre-indications

Les contre-indications du BIG sont :

  1. Oesophagite grade C-D, lésion suspecte du bas œsophage ou de l’estomac, volumineuse hernie hiatale (5cm ou plus), ulcère gastro-duodénal actif, lésion à potentiel hémorragique (angiome), sténose du pylore,…
  2. Antécédents de chirurgie digestive lourde ou compliquée, toute chirurgie programmée endéans les 6 mois.
  3. Pathologie digestive inflammatoire (maladie de Crohn, Recto-colite ulcéro-hémorragique).
  4. Maladies graves.
  5. Troubles cognitifs ou mentaux sévères.
  6. Troubles sévères non stabilisés du comportement alimentaire.
  7. Alcoolisme, toxicomanie.
  8. Traitement (R/) par antiagrégants ou AINS en l’absence de R/ par anti-sécrétoires.
  9. Anticoagulants ou troubles de l’hémostase.
  10. Incapacité prévisible du patient à participer à un suivi médical prolongé.
  11. Grossesse (retrait nécessaire), désir de grossesse pendant le traitement par ballon, allaitement.

4. Effets indésirables

Les effets indésirables du BIG sont :

  1. Reflux gastro-œsophagien, brûlant.
  2. Nausées, plus rarement vomissement.
  3. Renvois, mauvaise haleine.
  4. Poids sur l’estomac, mauvaise digestion.
  5. Douleurs abdominales hautes ou dorsales.
  6. Constipation, diarrhée.
  7. Impaction alimentaire.
  8. Dégonflage spontané (très rare) : perte de la sensation de satiété, augmentation de la faim, prise de poids, urines vertes (jaune + bleu de méthylène).
  9. Migration spontanée (occlusion intestinale).

5. Précautions

La prise d’un anti-sécrétoire est indispensable pour maintenir le BIG étanche pendant toute la durée de la pose. Ce traitement est également nécessaire pour les brûlures épigastriques et le reflux engendré par le BIG

L’Helicobacter pylori (HP) est une bactérie flagellée qui infecte la paroi de l’estomac (« gastrite »), assez fréquemment (10% de la population). Son traitement permet de guérir cette gastrite et de limiter le risque d’ulcère. Dans le cas du BIG, son éradication permet de mieux supporter le ballon, et ultérieurement, de mieux digérer et possiblement de mieux percevoir les sensation adéquates de faim et de satiété.

De rares souches d’HP sont également associées à la survenue du cancer de l’estomac, non déterminables les tests de dépistage à disposition. Mieux vaut donc dans tous les cas éradiquer la bactérie.

Si vous n’avez jamais réalisé de gastroscopie ou si votre dernière gastroscopie remonte à plus de 5 ans, un test de détection de l’Helicobacter pylori vous sera remis. Si vous êtes porteur de la bactérie, un traitement d’éradication vous sera prescrit avant ou au début de la pose du BIG.

6. Déroulement de la pose

1. Avant la pose

  • Les semaines précédant l’examen, Vous choisissez le calmant souhaité.
  • Les 7 jours précédant l’examen, vous adaptez votre traitement selon les consignes envoyées.
  • Les 3 jours précédant l’examen, vous débutez l’Esomeprazole EG 20mg.
  • La veille de l’examen, vous soupez léger en début de soirée.

2. Le jour de la pose

Vous restez à jeun.

Vous êtes accueilli par l’infirmière qui vous installe dans une chambre individuelle et à qui vous remettez les divers documents.

Vous vous mettez en t-shirt ou en top puis vous êtes conduit dans la salle d’endoscopie. Vous êtes installé sur le dos. L’infirmière ou l’anesthésiste place un cathéter dans la veine pour l’injection du sédatif ou de l’anesthésique pendant l’examen ainsi que pour la mise en place d’une perfusion visant à vous hydrater. Vous êtes installé sur le côté gauche et le calmant est injecté.

Un calle-bouche est placé dans votre bouche.

Le gastroscope est introduit par la bouche et progresse jusqu’au duodénum.

Pendant l’examen, si vous êtes sédaté, l’infirmière vous aide à respirer calmement.

La gastroscopie est réalisée.

Si une pathologie est observée contre-indiquant la pose du ballon, la pose du ballon est différée ou contre-indiquée.

Si la gastroscopie est normale : la pose se fait dans le même temps.

Le ballon dégonflé est introduit par la bouche grâce à un cathéter muni d’un mandrin, et placé dans l’estomac. Le mandrin est retiré et le ballon est gonflé par le cathéter au volume choisi. Le cathéter est détaché du ballon qui est libéré dans la cavité gastrique.

Au retrait de l’endoscope, l’estomac est désinsufflé.

3. Après la pose

Vous êtes installé dans la salle de repos le temps nécessaire à votre récupération. Vous pouvez ressentir une irritation de l’arrière-gorge, du reflux, des nausées, une sensation de lourdeur épigastrique. Des médicaments peuvent vous être administrés par la perfusion si nécessaire.

Ces symptômes vont dans un premier temps s’aggraver pendant une période de 2 à 5 jours, puis progressivement s’atténuer après 7 à 10 jours.

Le traitement prescrit est à débuter dès votre retour à domicile.

Le résultat de l’examen endoscopique vous est expliqué le jour-même oralement, remis par compte-rendu imprimé et envoyé par mail. Le traitement proposé peut être adapté.

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