Coloscopie gauche

Si vous prévoyez ou avez programmé prochainement une coloscopie gauche,
veuillez lire attentivement les informations suivantes.

1. Définition

C’est l’examen endoscopique qui permet l’observation de la lumière et de la paroi (muqueuse) de la moitié terminale du gros intestin (colon gauche, sigmoïde) et du rectum, après leur nettoyage par deux lavements intra-rectaux.

Elle se pratique à l’aide d’un tuyau flexible (endoscope ou coloscope), mesurant un peu plus d’un mètre de long et un centimètre de diamètre. L’une des extrémités porte une lampe (fibre optique) qui éclaire la paroi digestive, l’autre est munie d’un oculaire relié à une caméra qui permet la capture de photos. Le coloscope est introduit par l’anus et remonte le cadre colique en sens inverse pour atteindre le haut du colon gauche (angle splénique rencontré à une distance variant de 40 à 60 cm de la marge anale).

Le coloscope est traversé par différents canaux qui permettent :

  • d’injecter de l’air pour ouvrir les organes à explorer, puis de le réaspirer,
  • d’injecter de l’eau pour nettoyer d’éventuels résidus, puis de la réaspirer,
  • d’introduire des instruments pour la réalisation de biopsies (pince) ou l’exérèse de polypes (pince ou anse).

La coloscopie gauche dure 10 minutes. La progression se fait en 2-3 minutes : elle entraine une gêne douloureuse abdominale liée à l’insufflation d’air, aux manœuvres nécessaires la progression du coloscope (boucles) et à l’exploration de certaines zones (rétrovision). Le retrait se fait en 6-7 minutes et est indolore.

La propreté du colon gauche est essentielle : elle permet un examen de qualité (meilleur taux de détection de lésions ou de polypes) et sécure (progression aisée du coloscope).

La tolérance individuelle à la gêne douloureuse est généralement bonne : un calmant est rparfois proposé (sédatif). Le produit est injecté directement dans la veine.

2. Indications

La coloscopie gauche est un examen de diagnostic (en présence de symptômes), de suivi (de maladies diagnostiquées précédemment) et de traitement de certaines maladies. La coloscopie gauche n’est pas l’examen de dépistage (en l’absence de symptômes) du cancer colo-rectal car elle n’explore pas tout le colon.

1. Diagnostic

Voici des symptômes, des résultats biologiques et d’imagerie qui justifient la réalisation d’une coloscopie gauche :

  • Symptômes : sang et glaires mélangés aux selles, diarrhées, constipation, douleurs abdominales,…
  • Résultats biologiques (prise de sang et analyses de selles) : anémie, carence en fer, inflammation, marqueurs de cancers digestifs (CEA, CA 19.9), sang dans les selles (Hemoccult), inflammation dans les selles (Calprotectine fécale), …
  • Imagerie (échographie, CT Scan, Colo CT, IRM, Pet Scan, …) : polype, masse, épaississement de la paroi du colon, sténose (rétrécissement), abcès, fistule, nodule du foie, adénopathies, captation,…

Voici des maladies qui peuvent être diagnostiquées par la coloscopie gauche :

  • CCR, maladie inflammatoire chronique intestinale (MICI), diverticulose / diverticulite, colite microscopique / infectieuse, angiomes, nodule d’endométriose, …

2. Suivi

Voici des maladies qui justifient un suivi par coloscopie gauche, dans un délai variable :

  • Antécédents personnels de polypes du colon gauche retirés lors d’une une coloscopie précédente.
  • Antécédents personnels de cancer colique gauche traité récemment (par chirurgie et/ou chimiothérapie et/ou radiothérapie).
  • MICI.

3. Traitement

  • Exérèse de polypes
  • Traitement de saignements : diverticule hémorragique, angiomes, rectite radique,…

3. Contre-indications, complications et limitations

1. Contre-indications

Les contre-indications de la coloscopie gauche sont très rares car cet examen est peu invasif.

2. Complications

Les complications sont exceptionnelles (perforation ou hémorragie).

Le matériel endoscopique subit une décontamination très rigoureuse après chaque utilisation de façon à éliminer tout risque de contamination.

Il vous est demandé de m’informer clairement sur votre état de santé et sur les médicaments que vous prenez via le questionnaire médical, afin que :

  • Je vous recontacte pour préciser certaines informations.
  • J’adapte votre traitement pour l’examen.
  • Je programme certains examens préalables ou ultérieurs, voire que je vous propose d’autres types de bilans et/ou traitements à la place de la coloscopie gauche.

3. Limitations

La coloscopie gauche observe la lumière et paroi du rectum et du colon gauche. Les anomalies du reste du tube digestif haut et bas (estomac, duodenum, jéjunum, iléon, colon droit et transverse) ou de l’abdomen (foie, vésicule biliaire, pancréas, rate, prostate/ovaires, reins et vies urinaires, etc …), ne sont pas visualisées.

Certains polypes ne peuvent pas être réséqués au cabinet.

Si le polype est trop gros, trop étendu ou mal placé, des biopsies du sommet ou des bords sont parfois réalisées. Un « tatouage » ou marquage au carbone à proximité directe du polype, pour mieux le localiser ultérieurement, peut également être réalisé.

Le gros polype devra alors être retiré à l’hôpital :

  • soit par chirurgie : une opération visant à retirer le segment de colon sur lequel le polype est implanté sera programmée après bilan complet prescrit par le chirurgien,
  • soit par endoscopie : une seconde coloscopie gauche sera programmée en milieu hospitalier pour exérèse plus étendue par un gastro-entérologue formé à ces techniques (mucosectomie ou dissection sous-muqueuse) suivie d’une hospitalisation de 1 à 2 jours pour la surveillance d’ éventuelles complications.

4. Déroulement de l'examen

1. Avant l’examen

Les 3 à 7 jours qui précèdent l’examen, vous adaptez votre traitement selon les recommandations communiquées par e-mail.

2. Le jour de l’examen

Vous réalisez les deux lavements intra-rectaux à domicile.

Vous êtes accueilli par l’infirmière qui vous installe dans une chambre individuelle et à qui vous remettez les divers documents.

Vous vous déshabillez du bas, vous recevez un grand essuie que vous enroulez autour de la taille, puis êtes conduit dans la salle d’endoscopie. Vous êtes installé sur sur le côté gauche.

Le toucher rectal est pratiqué : il vise à lubrifier et détendre le sphincter anal, ainsi qu’à palper d’éventuelles lésions dans le canal anal.

Le coloscope est introduit par l’anus et progresse jusqu’en haut du colon gauche (angle splénique) avec des manœuvres spécifiques (appelées boucles) et l’insufflation d’air, parfois d’eau.

Pendant l’examen, l’infirmière appuie sur votre ventre pour limiter les boucles et faciliter la progression du coloscope. Au retrait de l’endoscope, le colon est désinsufflé.

3. Après l’examen

Vous êtes installé dans la salle de repos le temps nécessaire à votre récupération. Vous pouvez ressentir des douleurs abdominales liées à l’air résiduel ou aux manœuvres de boucles. Vous pouvez évacuer l’air en émettant des gaz : un WC attenant à la salle de repos est à votre disposition. Une bouillotte pet vous être proposée.

Vous pouvez boire et manger de tout au décours direct de l’examen. Comme votre colon gauche a été totalement nettoyé, votre transit ne reprendra que le lendemain.

Vos médicaments peuvent généralement être repris le jour-même. Si un polype a été retiré à la anse, il est préférable que les antiagrégants et anticoagulants soient repris après 24 à 48h, ainsi que d’éviter la prise d’aspirine, d’AINS et d’alcool en quantité importante dans les 3 jours qui suivent.

Si dans les jours qui suivent vous présentez des douleurs abdominales, du sang dans les selles, de la fièvre ou des frissons, veuillez me contacter le plus rapidement possible via mon secrétariat et/ou par e-mail. En cas d’absence ou d’indisponibilité, présentez-vous au service des urgences de votre choix.

Le résultat de l’examen endoscopique vous est expliqué le jour-même oralement, remis par compte-rendu imprimé et envoyé par e-mail. Un traitement peut être prescrit.

Le résultat des éventuels prélèvements vous est envoyé 10 jours après l’examen par e-mail avec un commentaire explicatif, le protocole original vous est envoyé par courrier postal. Votre médecin traitant reçoit les résultats endoscopiques et histologiques, si vous le souhaitez.

Préparation à l'examen

 

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