Coloscopie totale

Si vous prévoyez ou avez programmé prochainement une coloscopie totale,
veuillez lire attentivement les informations suivantes.

1. Définition

C’est l’examen endoscopique qui permet l’observation de la lumière et de la paroi (muqueuse) du rectum, de tout le gros intestin (colon) et, si nécessaire, de la dernière portion du petit intestin (iléon terminal), après leur nettoyage complet par une préparation orale.

Elle se pratique à l’aide d’un tuyau flexible (endoscope ou coloscope), mesurant un peu plus d’un mètre de long et un centimètre de diamètre. L’une des extrémités porte une lampe (fibre optique) qui éclaire la paroi digestive, l’autre est munie d’un oculaire relié à une caméra qui permet la capture de photos. Le coloscope est introduit par l’anus et remonte le cadre colique en sens inverse pour atteindre le début du colon (caecum).

Le coloscope est traversé par différents canaux qui permettent :

  • d’injecter de l’air pour ouvrir les organes à explorer, puis de le réaspirer,
  • d’injecter de l’eau pour nettoyer d’éventuels résidus, puis de la réaspirer,
  • d’introduire des instruments pour la réalisation de biopsies (pince) ou le retrait (exérèse) de polypes (pince ou anse).

La coloscopie dure 15 à 30 minutes. La progression se fait en 5 à 15 minutes : elle entraine des douleurs abdominales souvent intenses liées à l’insufflation d’air, aux manœuvres nécessaires la progression du coloscope (boucles) et à l’exploration de certaines zones (rétrovision). Le retrait se fait en 10 à 15 minutes et est indolore.

La propreté du colon est essentielle : elle permet un examen de qualité (meilleur taux de détection de lésions ou de polypes) et sécure (progression aisée du coloscope).

La tolérance individuelle à la douleur est variable : un calmant est systématiquement proposé (sédatif ou anesthésique). Le produit est injecté via un petit cathéter placé dans la veine.

2. Indications

La coloscopie totale est un examen de dépistage (en l’absence de symptômes), de diagnostic (en présence de symptômes), de suivi (de maladies diagnostiquées précédemment) et de traitement de certaines maladies.

1. Dépistage

La coloscopie totale est l’examen de référence (« gold standard ») du dépistage du cancer colo-rectal (CCR) : elle permet le diagnostic de cancer et bien plus souvent (heureusement) celui de polypes avec leur exérèse pendant le même examen, avant qu’ils n’évoluent en cancer. Le dépistage s’adresse à certaines personnes :

  • Age de plus de 45 ans.
  • Antécédents familiaux de CCR au premier degré (parents/fratrie/enfants).
  • Facteurs de risque personnels de CCR, résumé sous l’acronyme original de « TACOS » : Tabac, Alcool, Calories (repas gras, viande rouge, charcuteries), Obésité (abdominale), Sédentarité (pas/peu d’activité physique).
  • Bilan à distance d’une première poussée de diverticulite : exclure la présence d’un cancer sous-jacent (« diverticule néoplasique »).

2. Diagnostic

Voici des symptômes, des résultats biologiques et d’imagerie qui justifient la réalisation d’une coloscopie totale :

  • Symptômes : diarrhées, constipation, douleurs abdominales, sang mélangé aux selles, selles glairo-sanglantes, amaigrissement, manque d’appétit, dégoût alimentaire, fatigue, essoufflement,…
  • Résultats biologiques (prise de sang et analyses de selles) : anémie, carence en fer, inflammation, marqueurs de cancers digestifs (CEA, CA 19.9), sang dans les selles (Hemoccult), inflammation dans les selles (Calprotectine fécale),…
  • Imagerie (échographie, CT Scan, Colo CT, IRM, Pet Scan,…) : polype, masse, épaississement de la paroi du colon, sténose (rétrécissement), abcès, fistule, nodule du foie, adénopathies, captation,…

Voici des maladies qui peuvent être diagnostiquées par la coloscopie totale :

  • CCR, polypes, maladie inflammatoire chronique intestinale (MICI) comme la maladie de Crohn ou la recto-colite ulcéro-hémorragique (RCUH), diverticulose /diverticulite, colite microscopique / infectieuse, angiomes, nodule d’endométriose,…

3. Suivi

Voici des maladies qui justifient un suivi par coloscopie totale, dans un délai variable :

  • Antécédents personnels de polypes du colon retirés lors d’une une coloscopie précédente.
  • Antécédents personnels de CCR traité dans le passé (par chirurgie et/ou chimiothérapie et/ou radiothérapie).
  • MICI.

4. Traitement

Voici des traitements qui peuvent être réalisés lors d’une coloscopie totale :

  • Exérèse de polypes, traitement de saignements (diverticule hémorragique, angiomes, rectite radique,…), dilatation de l’iléon terminal, pose de prothèse endoscopique,…

3. Contre-indications, complications et limitations

1. Contre-indications

Les contre-indications de la coloscopie totale sont la présence d’une inflammation aiguë du colon (poussée aiguë de MICI, diverticulite aiguë, colite infectieuse aiguë). Si vous présentez des symptômes digestifs intenses (douleur, vomissement, diarrhées glaireuses et sanglantes) avec altération de l’état général ou fièvre, un bilan préalable est indispensable (prise de sang, analyses de selles, imagerie).

2. Complications

Les complications de la coloscopie totale sont la perforation ou l’hémorragie. Elles sont rares (0.2 à 0.5%) et apparaissent pendant ou jusqu’à quelques jours après l'examen. Il est indiqué de rester en Belgique ou à une proximité raisonnable durant la semaine qui suit l'examen.

Le matériel endoscopique subit une décontamination très rigoureuse après chaque utilisation de façon à éliminer tout risque de contamination.

Il vous est demandé de m’informer clairement sur votre état de santé et sur les médicaments que vous prenez via le questionnaire médical, afin que :

  • Je m’assure que l’examen peut avoir lieu au cabinet.
  • Je vous recontacte pour préciser certaines informations.
  • J’adapte votre traitement pour l’examen.
  • Je vous programme certains examens préalables ou que je vous propose d’autres types de bilans et/ou traitements à la place de la coloscopie totale.

3. Limitations

La coloscopie totale observe la lumière et paroi du colon et du début de l’intestin grêle. Les anomalies du reste de l’intestin (estomac, duodenum, jéjunum, iléon proximal) ou de l’abdomen (foie, vésicule biliaire, pancréas, rate, prostate/ovaires, reins et vies urinaires, etc…), ne sont pas visualisées.

Certains polypes ne peuvent pas être retirés au cabinet.

Si le polype est trop gros, trop étendu ou mal placé, des biopsies du sommet ou des bords sont parfois réalisées. Un « tatouage » ou marquage au carbone à proximité directe du polype, pour mieux le localiser ultérieurement, peut également être réalisé.

Le gros polype devra alors être retiré à l’hôpital :

  • soit par chirurgie : une opération visant à retirer le segment de colon sur lequel le polype est implanté sera programmée après bilan complet prescrit par le chirurgien,
  • soit par endoscopie : une seconde coloscopie totale sera programmée en milieu hospitalier pour exérèse plus étendue par un gastro-entérologue formé à ces techniques (mucosectomie ou dissection sous-muqueuse) suivie d’une hospitalisation de 1 à 2 jours pour la surveillance d’ éventuelles complications.

4. Déroulement de l'examen

1. Avant l’examen

  • Les semaines qui précèdent l’examen, vous choisissez le calmant souhaité.
  • Les 3 à 7 jours précédant l’examen, vous adaptez votre traitement selon les recommandations communiquées par e-mail.
  • Les 3 à 5 jours précédant l’examen, vous débutez le régime.
  • La veille de l’examen, vous débuter la préparation colique.

2. Le jour de l’examen

Vous terminez la préparation colique à la maison.

Vous êtes accueilli par l’infirmière qui vous installe dans une chambre individuelle et à qui vous remettez les divers documents.

Vous vous déshabillez du bas, vous recevez un grand essuie que vous enroulez autour de la taille, puis êtes conduit dans la salle d’endoscopie. Vous êtes installé sur le dos. L’infirmière ou l’anesthésiste place un cathéter dans la veine pour l’injection du sédatif ou de l’anesthésique pendant l’examen.

Vous êtes alors installé sur le côté gauche et le calmant est injecté.

Le toucher rectal est pratiqué : il vise à lubrifier et détendre le sphincter anal, ainsi qu’à palper d’éventuelles lésions dans le canal anal.

Le coloscope est introduit par l’anus et progresse jusqu’au bout du colon (caecum) avec des manœuvres spécifiques (appelées boucles) et l’insufflation d’air, parfois d’eau.

Pendant l’examen, l’infirmière appuie sur votre ventre pour limiter les boucles et faciliter la progression du coloscope. Au retrait de l’endoscope, le colon est désinsufflé.

3. Après l’examen

Vous êtes installé dans la salle de repos le temps nécessaire à votre récupération. Vous pouvez ressentir des douleurs abdominales liées à l’air résiduel ou aux manœuvres de boucles. Vous pouvez évacuer l’air en émettant des gaz : un WC attenant à la salle de repos est à votre disposition. Une bouillotte, un antalgique ou un antispasmodique peuvent vous être proposés.

Vous pouvez boire et manger léger 10 minutes après l’examen. Comme votre colon a été totalement nettoyé, votre transit ne reprendra qu’après 2-3 jours.

Vos médicaments peuvent généralement être repris le jour-même. Si un polype a été retiré à la anse, il est préférable que les antiagrégants et anticoagulants soient repris après 24 à 48h, ainsi que d’éviter la prise d’aspirine, d’AINS et d’alcool en quantité importante dans les 3 jours qui suivent.

Si dans les jours qui suivent vous présentez des douleurs abdominales, du sang dans les selles, de la fièvre ou des frissons, veuillez me contacter le plus rapidement possible via mon secrétariat et/ou par e-mail. En cas d’absence ou d’indisponibilité, présentez-vous au service des urgences de votre choix.

Le résultat de l’examen endoscopique vous est expliqué le jour-même oralement, remis par compte-rendu imprimé et envoyé par e-mail. Un traitement peut être prescrit.

Le résultat des éventuels prélèvements vous est envoyé 10 jours après l’examen par e-mail avec un commentaire explicatif, le protocole original vous est envoyé par courrier postal. Votre médecin traitant reçoit les résultats endoscopiques et histologiques, si vous le souhaitez.

Préparation à l'examen

 

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