La gastroscopie

Si vous prévoyez ou avez programmé prochainement une gastroscopie,
veuillez lire attentivement les informations suivantes.

1. Description

C’est l’examen endoscopique qui permet l’observation de la lumière et de la paroi (muqueuse) de l’œsophage, de l’estomac et du début du petit intestin (duodenum).

Elle se pratique à l’aide d’un tuyau flexible (endoscope ou gastroscope), mesurant un peu moins d’un mètre de long et moins d’un centimètre de diamètre. L’une des extrémités porte une lampe (fibre optique) qui éclaire la paroi digestive, l’autre est munie d’un oculaire relié à une caméra qui permet la capture de photos. Le gastroscope est introduit par la bouche et descend progressivement dans l’œsophage, l’estomac, pour atteindre le duodenum.

Le gastroscope est traversé par différents canaux qui permettent :

  • d’injecter de l’air pour ouvrir les organes à explorer, puis de le ré-aspirer,
  • d’injecter de l’eau pour nettoyer d’éventuels résidus, puis de la ré-aspirer,
  • d’introduire des instruments pour la réalisation de biopsies (pince) ou le retrait (exérèse) de polypes (pince ou anse).

La gastroscopie dure 5 à 7 minutes. La progression se fait en 2 à 3 minutes : elle peut entrainer des nausées liées à l’insufflation d’air, aux manœuvres nécessaires la progression du gastroscope (boucles) et à l’exploration de certaines zones (rétrovision). La gastroscopie n’est jamais douloureuse. Le retrait se fait en 3 à 4 minutes et est confortable.

Le jeune prolongé aux solides avant l’examen est essentiel : un estomac vide permet un examen de qualité (meilleur taux de détection de lésions ou de polypes) et sécure (progression aisée du gastroscope, moins de risques d’inhalation du contenu gastrique).

La tolérance individuelle à la présence du gastroscope dans la gorge en début d’examen et aux nausées pendant l’examen est variable : un calmant est systématiquement proposé (sédatif ou anesthésique). Le produit est injecté soit directement dans la veine, soit via un petit cathéter placé dans la veine.

2. Indications de la gastroscopie

La gastroscopie est un examen de diagnostic (en présence de symptômes), de suivi (de maladies diagnostiquées précédemment) et de traitement de certaines maladies. C’est plus rarement un examen de dépistage (en l’absence de symptômes).

1. Diagnostic

Voici des symptômes, des résultats biologiques et d’imagerie qui justifient la réalisation d’une gastroscopie :

- Symptômes : toux chronique, érosions dentaires, mauvaise haleine (halitose), irritation/brûlure/douleur dans la gorge ou dans la poitrine (pyrosis), gêne au passage des aliments (dysphagie), remontées liquides / acides / alimentaires / amères (reflux), irritation / brûlure / douleur / lourdeur à estomac (dyspepsie), nausées, vomissements glaireux / alimentaires / bilieux / de sang (hématémèse), impaction alimentaire, ingestion de corps étranger, diarrhées, amaigrissement inexpliqué, selles noires (méléna) …

- Résultats biologiques (prise de sang et analyse de selles) : anémie, carence en fer, inflammation, marqueurs de cancers digestifs (CEA, CA 19.9), sang dans les selles (Hemoccult),…

- Résultats d’imagerie (échographie, CT scanner, IRM, Pet Scan, scintigraphie,…) : épaississement de la paroi de l’œsophage de l’estomac ou du duodénum, réplétion gastrique, nodules du foie, captation au niveau de l’œsophage, de l’estomac ou du duodenum,…

Voici des maladies qui peuvent être diagnostiquées par la gastroscopie :

Oesophagite peptique / à éosinophiles / mycotique / infectieuse (herpès/CMV), hernie hiatale / anneau de Schatzki, métaplasie (cellules « transformées ») intestinale oesophagienne (œsophage de Barrett) / métaplasie gastrique, dysplasie (cellules anormales) oesophagienne / dysplasie gastrique, polypes gastriques ou duodénaux, tumeurs sous-muqueuses, atrophie gastrique (maladie de Biermer), cancer oesophagien / gastro-duodénal, ulcère oesophagien / gastro-duodénal, gastrite peptique / chimique / infectieuse (Helicobacter pylori), maladie cœliaque, giardiase,…

2. Suivi

Voici des maladies qui justifient un suivi par gastroscopie, dans un délai variable :

Oesophagite peptique / à éosinophiles, hernie hiatale, œsophage de Barrett / métaplasie gastrique, dysplasie oesophagienne / dysplasie gastrique, maladie de Biermer, ulcère gastrique, infection à Helicobacter pylori, maladie cœliaque, estomac opéré,…

3. Traitement

Voici des traitements qui peuvent être réalisés lors d’une gastroscopie :

Traitement de saignements, retrait de corps étranger, exérèse de polypes gastriques ou duodénaux dysplasiques, dilatation du bas de l’œsophage, pose de prothèses endoscopiques,…

4. Dépistage

Voici un contexte qui justifie un dépistage par gastroscopie :

Multiples antécédents de cancer gastrique dans la famille

3. Contre-indications, complications et limitations

1. Contre-indications

Les contre-indications de la gastroscopie sont une insuffisance respiratoire sévère.

2. Complications

Les complications de la gastroscopie sont très rares.

Elles peuvent être liées à un problème d’inhalation de résidus gastriques dans les voies respiratoires (fausse-déglutition).

D’autres complications exceptionnelles sont une perforation ou un saignement persistant à la suite de biopsies œsophagiennes ou gastriques.

Le matériel endoscopique subit une décontamination très rigoureuse après chaque utilisation de façon à éliminer tout risque de contamination.

Il vous est demandé de m’informer clairement sur votre état de santé et sur les médicaments que vous prenez via le questionnaire médical, afin que :

  • Je m’assure que l’examen peut avoir lieu au cabinet.
  • Je vous recontacte pour préciser certaines informations.
  • J’adapte votre traitement pour l’examen.
  • Je vous programme certains examens préalables ou que je vous propose d’autres types de bilans et/ou traitements à la place de la gastroscopie.

3. Limitations

La gastroscopie observe la lumière et paroi de l’œsophage, de l’estomac et du duodenum. Les anomalies du reste de l’intestin (jéjunum, iléon, colon) ou de l’abdomen (foie, vésicule biliaire, pancréas, rate, prostate/ovaires, reins et vies urinaires, etc…), ne sont pas visualisées.

Certains polypes gastriques ou duodénaux ne peuvent pas être réséqués au cabinet.

Si le polype est trop gros, trop étendu ou mal placé, des biopsies du sommet ou des bords sont parfois réalisées. Un « tatouage » ou marquage au carbone à proximité directe du polype, pour mieux le localiser ultérieurement, peut également être réalisé.

Le gros polype devra alors être retiré à l’hôpital :

  • soit par chirurgie : une opération visant à retirer le segment d’estomac sur lequel le polype est implanté sera programmée après bilan complet prescrit par le chirurgien.
  • soit par endoscopie : une seconde gastroscopie sera programmée en milieu hospitalier pour exérèse plus étendue par un gastro-entérologue formé à ces techniques (mucosectomie ou dissection sous-muqueuse) suivie d’une hospitalisation de 1 à 2 jours pour la surveillance d’ éventuelles complications.

4. Déroulement de l'examen

1. Avant l’examen

Les semaines précédant l’examen, vous choisissez le calmant souhaité.

Les 3 à 7 jours précédant l’examen, vous adaptez votre traitement selon les recommandations communiquées par e-mail.

La veille de l’examen, vous soupez léger en début de soirée.

2. Le jour de l’examen

Vous restez à jeun.

Vous êtes accueilli par l’infirmière qui vous installe dans une chambre individuelle et à qui vous remettez les divers documents.

Vous vous mettez en t-shirt ou en top puis vous êtes conduit dans la salle d’endoscopie. Vous êtes installé sur le dos. L’infirmière ou l’anesthésiste place un cathéter dans la veine pour l’injection du sédatif ou de l’anesthésique pendant l’examen. Vous êtes alors installé sur le côté gauche et le calmant est injecté.

Un calle-bouche est alors placé dans votre bouche.

Le gastroscope est introduit par la bouche et progresse jusqu’au duodénum.

Pendant l’examen, si vous êtes sédaté, l’infirmière vous aide à respirer calmement. Au retrait de l’endoscope, l’estomac est désinsufflé.

3. Après l’examen

Vous êtes installé dans la salle de repos le temps nécessaire à votre récupération. Vous pouvez ressentir une irritation de l’arrière-gorge ou des légers ballonnements liées à l’air résiduel. Vous pouvez évacuer l’air en émettant des renvois.

Vous pouvez boire et manger léger après 10 minutes.

Vos médicaments peuvent généralement être repris le jour-même. Si un polype a été retiré (exceptionnel), il est préférable que les antiagrégants et anticoagulants soient repris après 24 à 48h, ainsi que d’éviter la prise d’aspirine, d’AINS et d’alcool en quantité importante dans les 3 jours qui suivent.

Si dans les jours qui suivent vous présentez des douleurs abdominales, des selles noires, de la fièvre ou des frissons, veuillez me contacter le plus rapidement possible via mon secrétariat et/ou par e-mail. En cas d’absence ou d’indisponibilité, présentez-vous au service des urgences de votre choix.

Le résultat de l’examen endoscopique vous est expliqué le jour-même oralement, remis par compte-rendu imprimé et envoyé par e-mail. Un traitement peut être prescrit.

Le résultat des éventuels prélèvements vous est envoyé 10 jours après l’examen par e-mail avec un commentaire explicatif, le protocole original vous est envoyé par courrier postal. Votre médecin traitant reçoit les résultats endoscopiques et histologiques, si vous le souhaitez.

Préparation à l'examen

 

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