Le test de détection de l'Helicobacter pylori

Définition

Le test de détection de l'Helicobacter pylori ou test respiratoire à l'urée marquée au carbone 13 est un test non invasif, rapide et fiable qui permet de confirmer la présence ou la disparition après traitement (éradication) de l’Helicobacter pylori (Hp).

L’Hp est une bactérie de forme spiralée, découverte en 1982 au niveau du pylore, d’où son nom. Il se déplace grâce à ses flagelles, pénètre le mucus qui protège la paroi de l’estomac, s’y fixe et se multiplie. Il ne vit que dans l’estomac humain où il se développe malgré la forte acidité qui y règne grâce à l’enzyme qu’il sécrète, l’uréase, permettant une diminution de l’acidité. Il demeure ainsi à vie dans l’estomac tant qu’il n’est pas éradiqué.

La primo-infection a lieu généralement pendant l’enfance. Sa transmission se fait le plu souvent par contact avec la salive infectée, des vomissements ou des régurgitations (promiscuité, familles, crèches). Elle se fait également par contact des mains avec des selles infectées ou par ingestion d’eau ou d’aliments contaminés (mauvaise hygiène). L’infection provoque toujours une gastrite (inflammation de la muqueuse de l’estomac), le plus souvent asymptomatique, persistant toute la vie.

L’Hp est parfois responsable de complications : ulcère gastrique ou duodénal (17% des patients infectés), cancer de l’estomac (jusque 3% des patients infectés), surtout s’il y a une susceptibilité génétique notamment s’il y a des cas de cancer gastrique dans la famille proche (parents, fratrie, enfants). Son éradication précoce permet d’éviter les récidives d’ulcère et l’évolution vers un cancer gastrique.

Il existe plusieurs méthodes pour diagnostiquer l’infection : la gastroscopie, qui permet dans le même temps de vérifier l’état de la muqueuse gastrique, avec biopsies (mise en culture avec obtention d’un antibiogramme, analyse histologique, analyse colorimétrique à l’uréase), la prise de sang (recherche d’anticorps), l’analyse de selles (recherche d’antigène c.à.d. la bactérie elle-même), le test respiratoire à l’urée.

Le traitement consiste en la prise d’une association de minimum 3 médicaments (2 antibiotiques et un inhibiteur de la pompe à protons) pendant minimum 10 jours, avec un taux de succès de 70%. Les échecs, de l’ordre de 30%, sont liés à la résistance de l’Hp aux antibiotiques choisis ou au suivi incorrect du traitement. C’est pourquoi il faut contrôler que la bactérie a bien été éradiquée.

Si la bactérie est toujours présente, un nouveau traitement d’éradication sera proposé pour obtenir au final une éradication dans 95% des cas.

Le test respiratoire à l’urée est le test non endoscopique de choix pour confirmer la présence d’Hp ou son éradication après un traitement, vu son excellent taux de détection de la bactérie (sensibilité et spécificité supérieures à 65%). Ce test est valable chez les patients atteints d’affections pulmonaires. Seules certaines chirurgies gastriques importantes peuvent en fausser les résultats (ces patients étant si possible dépistés et traités avant la chirurgie).

Il consiste à ingérer une gélule d’urée (marquée au carbone 13, le principal isotope utilisé comme traceur, du fait de sa non-radioactivité) qui, en cas de présence de l’Hp, est dégradée par son uréase. Cette réaction libère de l’eau (H2O), de l’ammoniac (NH4+) et du bicarbonate radioactif (H13CO3-), absorbé par la muqueuse gastrique, transformé dans la circulation sanguine en H2 13CO3 puis excrété par les poumons sous forme de gaz carbonique marqué (13CO2). Ce gaz est recueilli dans un échantillon respiratoire et sa radioactivité en sera mesurée par de spectrométrie de masse isotopique.

Préparation au breath test à l’urée

Pour éviter que la bactérie ne soit pas détectée alors qu’elle est présente (faux négatif), il est nécessaire de ne pas avoir pris ou d’avoir arrêté certains médicaments avant le test.

1. L’arrêt de vos médicaments

1 mois : antibiotiques et bismuth

1 semaine : inhibiteurs de la pompe à protons (omeprazole, esoméprazole ou Nexiam®, pantoprazole ou Pantomed®)

24h : antagonistes des récepteurs H2 (ranitidine ou Zantac) et antiacides (pansements gastriques : Maalox®, Gaviscon®, Riopan®)

En cas de contrôle d’éradication, il est recommandé d’attendre minimum 4 semaines après la fin du traitement avant d’effectuer le test

2. La veille de l'examen

Prenez un repas du soir léger (avant minuit).

3. Le jour de l'examen

Restez à jeûn strict (jeûne nécessaire de 6h) et évitez de fumer.

Munissez-vous de :

  • ✓ La prescription de l’examen rédigée par votre médecin
  • ✓ Votre carte d’identité et trois vignettes mutuelles
  • ✓ Les résultats de vos examens précédents
  • ✓ La liste de vos médicaments et de vos éventuelles allergies
  • ✓ Votre disque de stationnement !

Déroulement de l’examen

Vous soufflez d’abord dans un petit tube au moyen d’une paille (« T0 » ou test témoin)

Vous ingérez une capsule d’urée marquée au 13CO2 avec un peu d’eau.

Deux prélèvements respiratoires identiques sont réalisés à 15 (« T1 ») et 30 minutes (« T2 »).

Les prélèvements sont envoyés au laboratoire et les résultats vous sont envoyés par e-mail 7 à 10 jours plus tard.

Après l’examen

Vous pouvez boire et manger.

Aucun effet secondaire ni désagrément ne sera observé.

Sur le plan de la dosimétrie, le test respiratoire au 13CO2 est non radioactif et donc totalement sécure.